CHRONIQUE / REVIEW

The Worm Orobouros

Endless Way From You

Releases information

Release date:

December 24, 2019

Format:

Digital, CD

Label:

From:

Lizard Records

Biélorussie / Belarus

Serge Marcoux - March 2020

9,0

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Offrir un cadeau peut-il s’avérer contreproductif d’un point de vue artistique? Prenez le nouvel album du groupe biélorusse THE WORM OROBOUROS, « Endless way from you ». Le groupe l’a offert aux amateurs de rock progressif la veille de Noël. En plus de paraitre le vingt-quatre décembre, la chronique qui suit précisera ce qui en fait un cadeau. Cependant, au niveau artistique c’est une autre affaire. D’une part, une parution aussi tardive écarte presqu’automatiquement l’album des palmarès de l’année. Et, d’autre part, il y a un risque que l’album passe sous le radar des chroniqueurs et, le temps passant, que sa couverture même soit partiellement obscurci par le volume élevé de musique généré par notre genre chouchou. Dans le cas présent, je suis persuadé que plusieurs amateurs auraient pu en faire un de leur favori en 2019, dont votre humble serviteur.

D’emblée, le nom du groupe est tout ce qu’il y a de prog ! Le Serpent Ouroboros est un roman de fantasy écrit par le britannique ERIC RÜCKER EDDISON et publié en 1922. C’est l’histoire d’une longue guerre entre un roi dominateur et les seigneurs de Démonie, et, comme il se doit, on y retrouve sorcellerie, hippogriffe, combats, etc. Un roman qui peut rappeler les sagas scandinaves. Quant à l’ouroboros, il s’agit d’un dessin ou d’un objet représentant un serpent ou un dragon qui se mord la queue. Il est souvent associé à l’alchimie et représente la nature cyclique des choses. Sur ce deuxième album, après l’excellent « Of things that never were » paru en 2013, on retrouve les deux principaux protagonistes et multi-instrumentistes du groupe, SERGEY GVOZDYUKEVICH et VLADIMIR SOBOLEVSKY. Ceux-ci constituent l’essence du groupe qu’ils ont créé en 2006, alors inspiré par la mouvance progressive des années 70. Je parlais de cadeau, le premier aspect est que cet album a une durée de près de quatre-vingts minutes. Initialement, il devait y avoir deux albums, un plus noir et l’autre plus ensoleillé. Ce sont les compositions plus légères qui sont les premières. Ce qui ne signifie pas qu’on oublie la composante rock, loin s’en faut comme le prouve bien « Clouds to Owings Mills », une pièce nerveuse avec une puissante finale qui prouve les talents de guitaristes de messieurs GVOZDYUKEVICH et SOBOLEVSKY. « Cycles », la première pièce, met en évidence tous les éléments du groupe. Une abondante utilisation de la flute, pas nécessairement à la JETHRO TULL, mais plutôt à la FOCUS, KING CRIMSON, CARAVAN, CAMEL ou autres NATIONAL HEALTH. L’orgue est aussi un instrument mis de l’avant par le groupe et ici, on pense souvent au jeu du regretté PETER BARDENS de CAMEL. Écoutez attentivement « Stone and Lydia » et remarquez certaines similitudes avec son jeu de l’album éponyme et de « Mirage ». L’alternance de passages rock, plus doux ou jazzés fait aussi partie de l’ADN du groupe. D’ailleurs cette pièce de quatorze minutes est divisée en quatre sections qui correspondent aux quatre moments de la journée que sont le matin, le jour, la soirée et la nuit.

L’autre longue pièce est « The reality you can’t stop dreaming ». Elle se situe du côté plus sombre du disque. Ce morceau inspiré par les compositeurs FABIO FRIZZI et ENIO MORRICONE évoque les rêves et les cauchemars et comment ces derniers peuvent être réels au réveil. À mon avis, voici un des meilleurs morceaux de l’année dernière, un réel présent progressif. Si vous ne devez déballer qu’un seul des neuf cadeaux de cet album, allez-y avec celui-ci. Sur ce morceau, on apprécie le jeu nerveux et précis du nouveau batteur MIKHAIL KINCHIN, les claviers quelquefois inquiétants et/ou simplement très beau, la guitare qui trouve un espace de qualité mais aussi la présence des musiciens invités. En effet, le trio reçoit l’aide d’un autre trio, soit VITALY APPOW au basson, ALIONA SUKLIYAN au hautbois et ALEXANDRA GANKOVA aux percussions. Leur présence apporte une fort agréable collaboration et une belle diversité sonore à divers moments de ce très bon « Endless way from you ». Un autre morceau caractéristique du volet plus sombre du groupe est « The whistler shrill » qui offre son lot de moments intenses avec, une fois encore, une performance remarquable à la flute. Avis aux inconditionnels de cet instrument, vous avez entre les oreilles tout ce qu’il faut pour vous payer la traite.

L’album est presque totalement instrumental. La seule exception à cette règle est la finale de « Ascension ». GVOZDYUKEVICH chante celle-ci dans un style qui peut évoquer PETER HAMMILL sans ses aspérités caractéristiques. Voici une avenue que le groupe pourrait explorer un peu plus pour un troisième effort qui, espérons-le, ne prendra pas six ou sept années supplémentaires. « Endless way from you » est un heureux amalgame de l’école Canterbury, du CAMEL de l’époque « Snow goose » et « Mirage », mâtiné d’un soupçon de fusion avec une grande emphase sur l’utilisation de la flute et des claviers. Néanmoins, la base rock, guitare, basse et batterie, est de qualité. Certes, l’album est d’une longue durée et on peut y trouver une certaine similitude entre les passages des divers morceaux. Cependant, ne vous y trompez pas, la qualité est au rendez-vous et l’écoute éminemment plaisante. Allez-y, déballer votre cadeau de Noël si ce n’est pas déjà fait !

    1. Cycles (14:16)
    2. Clouds to Owings Mills (7:27)
    3. Stone and Lydia (8:17)
    4. Quest of the Kingfisher (7:15)
    5. Muralidaran (5:40)
    6. Ascension (5:19)
    7. The Reality You Can't Stop Dreaming (13:20)
    8. The Whistler Shrill (8:03)
    9. Traigh Bheasdaire (4:18)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Sergey Gvozdyukevich - Keyboards, bass, acoustic guitar, concert & alto flutes, voice
Vladimir Sobolevsky - Keyboards, bass, acoustic, electric and 12string guitars
Mikhail Kinchin - Drums

with:
Vitaly Appow - Bassoon
Aliona Sukliyan - Oboe
Alexandra Gankova - Vibraphone, xylophone, timpani

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