CHRONIQUE / REVIEW

Seigmen

5 Albums

Releases information

Release date:

March 27, 2020

Format:

CD, Digital, Vinyl

Label:

From:

Karisma Records

Norvège / Norway

Mario Champagne - April 2020

8,6

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Si vous allez en Norvège, et que vous demandez un « Seigmenn », on vous proposera probablement un petit bonbon en gelée recouvert de sucre à forme humaine. D'autres vous parleront de leurs souvenirs d'un groupe rock, qui s'inspira de cette friandise pour prendre d'assaut la scène norvégienne, il y a déjà quelques décades.

Le groupe SEIGMEN qui fut lancé en 1989 à Tønsberg en Norvège a été l'un des plus grands groupes de rock de ce pays, avec un son qui varia beaucoup avec le temps, d'album en album, passant d'un grunge métal progressif, au rock alternatif et au rock gothique à forte dose de dark électro. « KARISMA Records », pour honorer ce groupe qui marqua les esprits, vient de remastériser cinq de leurs œuvres des années 90 où ils étaient au sommet de leur popularité, soient les albums « Pluto » (1992), « Ameneon » (1993), « Total » (1994), « Metropolis » (1995) et « Radiowaves » (1997). Le groupe stoppa ses activités en 1999, mais repris brièvement du service en 2005 pour la création d'un DVD, et fort du rappel des « fans », produisit un dernier album intitulé « Enola » en 2015. Mais ce groupe fait partie de l'histoire maintenant, s'étant arrêté pour de bon, au grand dam des Norvégiens.

Grâce à une collaboration étroite avec les membres du groupe, ces albums sont réédités en format CD et pour la première fois en format vinyle pour fêter le trentième anniversaire de cette formation avec en plus des chansons de type « B-sides » comme pièces « bonus ». Passons en revue chacun de ces albums. Tous furent chantés en norvégien, sauf « Radiowaves », qui fut chanté en anglais.

Pour l'EP « Pluto », la pièce de choix à écouter est sans équivoque « Fra X til Døden », un titre martelé frénétiquement, mélangeant des styles qui feraient penser par moment, au DEAD KENNEDYS pour la vitesse d'exécution mais avec un son à la PEARL JAM qui aurait un penchant « dark » métal, entraînée par la voix rocailleuse du chanteur, sur une mélodie de film d'horreur. Le reste de l'album est tout aussi bourrin avec des chœurs tribaux, des cris collectifs, un jeu à fond la caisse, assez « hard », mais finalement sans surprise majeure, quoiqu'on pourrait y détecter à l'occasion des ressemblances avec le jeu de THE CULT et de I MOTHER EARTH. L'autre pièce d'intérêt de cet album est « Korstoget » au son « sludge » vaguement oriental à l'ambiance mystérieuse et hypnotique mais malheureusement elle ne décolle pas vraiment, un peu du gaspillage car il y aurait eu de quoi à faire avec cela. Finalement, un album moyen, mais un premier titre très bon.

Vient ensuite, « Ameneon », qui déjà montre une plus grande maturité, et qui m'a bien plus sur sa deuxième moitié. La puissance et la lourdeur y est toujours mais un soupçon de classe a été ajouté livrant une sonorité cinématique avec toujours un chant caverneux. La recherche sonore y est évidente, jouant dans les eaux de SABBATH et de DANZIG pour « Simone » et d'un « Public Image Limited » très « hard » pour « Monsun ». Toujours est-il que ceux qui aiment cela pesant et grinçant pourraient drôlement apprécier pour les guitares qui créent un mur du son à forte distorsion, et la basse et la batterie qui feront lever la poussière. Mais cet album, à mon avis, en contient deux en fait. La première partie se montre pas mal mais la deuxième partie, à partir de la pièce instrumentale « Ameneon », où commence vraiment un deuxième album, m’a subjugué. Un jeu de guitare tout soyeux et calme à la METALLICA ouvre le bal, suivi d'un punk métal progressif hyper puissant sur « Korsfarer ». S'insère par la suite ma préférée, un titre au développement épique, à la longue introduction, « Mesusah », dans la lignée de THE CULT et THE MISSION. Très énergique, diaboliquement efficace, et où pour la première fois le chant s'intègre d'une manière très pertinente. La finale « Ikon », figure aussi parmi mes préférées de cet album. Courte pièce très « space », faîtes d 'échos et de réverbérations, où l 'on se rend compte qu'ils excellent quand ils ne sont pas dans l'urgence. Malgré la première partie qui rejoint moins mes goûts, il s'agit d'un bon album.

En 1994, ils ont produit « Total » qui est à mon avis une totale réussite. Le son devint plus accessible. D'ailleurs, sur cet album on dirait qu'ils ont finalement trouvé leur son et leur rythme de croisière. Plus expérimental dans la recherche d'ambiance, présentant des aspects « space », des sons éthérés, utilisant la voix comme un instrument, on croirait entendre un croisement entre METALLICA et le son de COCTEAU TWINS, mélangeant beaux rythmes de basse hypnotique et guitares aériennes. Le son y est plus mélodique, moins dans l'urgence, là où ils excellent. « Ohm », ma préférée, ne présenterait-elle pas par instant une parenté éloignée avec TOOL? En tout cas, il y a des petits aspects de polyrythmie bien intéressant là-dedans qui garde la pièce entraînante, puissante, réfléchie et mélodique. D'ailleurs, ils cumulent sur cet album une somme de bonnes idées impressionnante, due à une recherche esthétique évidente. La mystérieuse « Sort Tulipan », qui mélange ambiance minimaliste au violon, passages plus accessibles où le chanteur se découvre une voix de jeune communiant et petits passages orientaux, démontre bien cette quête d'innovation, rendant là un titre d'une grande beauté. Quant à « Lament », mon autre pièce préférée de cet album, elle résume en elle-même le son et la volonté de SIEGMEN, qu’on pourrait aussi considérée comme annonciatrice du son du prochain album. Entre élégance pop et tempête, son cœur balance. Mais ce n'est pas fini car il reste encore deux bijoux. Il faut absolument écouter « Nephilia », s'inspirant de chants grégoriens, dans une ambiance à la ERA et LACRIMOSA. Une pièce extraterrestre, planante, pieuse, proposant aussi par moment des petits passages dans un style à la Yann TIERSEN (Amélie POULAIN – Le Film). Et « Monument », aussi monumental, un titre offrant un retour aux sources, avec une abondance d'échos, accompagné du souffle haletant du chanteur et grandissant dans un hypnotique crescendo rythmique à la redoutable efficacité. « Total » constitue vraiment le sommet de leur discographie quoiqu'il se soit moins vendu à l'époque que le prochain.

« Metropolis » fut l'album qui connut les plus hautes ventes du groupe en Norvège, probablement dû à un son qui devint de plus en plus accessible. Au niveau innovation, cet album poursuit dans la même veine que le précédent, avec un chant plus doux, une ambiance plus dense, avec de multiples tableaux musicaux superposés. Le titre « Metropolis » se veut planant et complexe, mais très accessible alors que « Regn » semble intégrer des effets à la DEPECHE MODE. La pièce « Slaver av Solen » sort du lot pour ce qui correspond à mes goûts car j'y entends de forte ressemblance avec mon groupe préféré, THE CHURCH, grâce au chant parlé et ses sonorités de guitares, tout en intégrant des sections plus puissantes. Une belle réussite, ainsi que la trop courte « Epilog » qui fait aussi très dans le style de « THE CHURCH ». Le titre « Bayon » quant à lui, prend des airs d'une ritournelle juvénile comme savait si bien le faire THE CURE. « Circus », trois courtes minutes de bonheur. Sincèrement. Parfois, c'est dans le plus court que le génie se révèle. Un peu « ambiant », romantique, insufflant des sons éthérés et diffus comme le faisait THE CHURCH sur « A Month of Sundays ». J'ai trouvé le reste de l'album plus faible que son début, alignant des mélodies se montrant répétitives et ayant moins de panaches que les précédentes, sauf pour la dernière « Nemesis » qui se veut très « grunge », au son vibrant des guitares écorchées, d’un rock plus intense, avec un son similaire au groupe américain « LIVE », pendant plusieurs minutes avant de sombrer dans une expérimentation chaotique assez psychédélique où plusieurs risquent de perdre l’esprit. « Metropolis » se montre, selon moi, un petit brin en-dessous en comparaison de « Total » mais il comporte quand même plusieurs très bonnes chansons.

Finalement, « Radiowaves », un album qui m'a moins convaincu que les trois précédents, où le chant en anglais fait son apparition pour la première fois. On note aussi une présence accrue de synthétiseurs et de rythmes programmés donnant à leur nouveau son une allure de DEPECHE MODE et de NEW ORDER. La qualité sonore y est toujours, et l'inventivité sonore du groupe est toujours vivace. L'ensemble est très loin du rock progressif, sombrant dans un électro « dark » plutôt gothique, parfois déprimant. Les amateurs de ce style plus obscur seront, quant à eux, ravis. Les autres seront peut-être déçus de ce changement drastique d'orientation. Le titre « Trampoline » se démarque de l'ensemble que j'ai trouvé plutôt moyen.

Somme toute, cette odyssée au fil de leurs albums s'est montrée très enrichissante, permettant de saisir clairement l'évolution rapide de cette formation sur cinq années, prouvant leur volonté de ne pas s'ancrer dans le confort d'un style particulier. On ne peut pas toujours considérer leur œuvre comme progressive quoique que leurs meilleurs albums en intègrent très certainement des éléments étant donné leur originalité, leur sens de l'innovation et leur prise de risques qui a permis à SEIGMEN de livrer une très bonne discographie, qui comporte quelques précieuses pépites dont il ne faudrait pas se priver. Leurs albums « Total » et « Metropolis » valent vraiment le détour, ainsi que plusieurs parties d’« Ameneon ». Bonne découverte !

    Pluto (1992) – 5 tracks
    01. Fra X til Døden (7:00)
    02. Mono Doomen (3:59)
    03. Korstoget (6:22)
    04. Skjebnen (2:18)
    05. Syndefloden (5:58)

    Ameneon (1993) – 8 tracks
    01. Simone (5:48)
    02. Monsun (5:23)
    03. Negativ (7:02)
    04. Plutonium (4:49)
    05. Ameneon (3:16)
    06. Korsfarer (3:17)
    07. Mesusah (9:01)
    08. Ikon (2:58)

    Total (1994) – 10 tracks
    01. Colosseum (7:42)
    02. Ohm (5:35)
    03. In Limbo (5:42)
    04. Döderlein (5:48)
    05. Sort Tulipan (5:59)
    06. Lament (4:29)
    07. Fortell (4:36)
    08. Nephilia (7:42)
    09. Monument (4:54)
    10. Pantheon (5:41)

    Metropolis (1995) - 11 tracks
    01. Metropolis (6:15)
    02. Regn (4:17)
    03. Slaver av Solen (4:43)
    04. Rød Himmel (3:06)
    05. Epilog (3:02)
    06. Bayon (5:28)
    07. Circus (2:59)
    08. Sort Disippel (6:07)
    09. Juvel (4:50)
    10. Nihil (5:06)
    11. Nemesis (11:47)

    Radiowaves (1997) - 10 tracks
    01. Performance Alpha (4:54)
    02. The World Revolves Around You (5:16)
    03. Universal (4:57)
    04. The Modern End (4:38)
    05. Bloodprint (5:10)
    06. Neon Sun (4:38)
    07. Guilt (5:00)
    08. Trampoline (6:09)
    09. Mercurial (6:43)
    10. Performance Bravo (7:22)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Alex MOKLEBUST – Vocals
Kim LJUNG– Bass, Vocals
Sverre OKSHOFF – Guitars
Marius ROTH CHRISTENSEN – Guitars, Vocals
Noralf RONTHI – Drums
Eric LJUNGGREN – Synthetizers and Programming

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