CHRONIQUE / REVIEW

Mark Kelly's Marathon

Mark Kelly's Marathon

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Releases information

Release date:

November 27, 2020

Format:

CD, Digital, Vinyl

Label:

From:

Racket Records

Royaume-Uni / UK

Serge Marcoux - November 2020

8,0

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Il faut savoir faire la différence entre l’attente et l’espoir. Ainsi, essayez d’imaginer un artiste connu et reconnu qui signe une œuvre de son nom pour une première fois après une quarantaine d’années de carrière. La sensation doit être formidable et peut certainement combler une attente artistique. J’ajoute que ce claviériste a participé aux dix-huit albums studio de son groupe ainsi qu’aux dizaines d’albums en spectacle, single, remix et compagnie du dit groupe. Ce talentueux, quoique souvent un peu effacé, musicien, a aussi participé à des albums de JOHN WESLEY, DEEEXPUS, EDISON’S CHILDREN et AYREON. C’est pourquoi je fondais beaucoup d’espoir lorsque j’ai vu la possibilité de réaliser la chronique et d’écouter le résultat de cette attente. Si on fait exception d’IAN MOSLEY, il était le seul musicien à ne pas avoir enregistré sous son nom ou démarré un projet dont il était un instigateur. C’est d’autant plus surprenant si on regarde l’importance de sa participation au sein de MARILLION.

MARK KELLY a donc surmonté un certain manque de confiance dans sa capacité d’écrire seul plutôt que de contribuer à un effort de groupe. C’est ce qu’il révélait d’ailleurs en entrevue au début d’avril. Il a aussi pu mettre à profit tout ce temps libéré par les changements emmenés par l’année unique que nous vivons. Voici donc un autre artiste progressif qui offre un nouveau disque pour nos oreilles presque surchauffées devant tant d’abondance. MARK KELLY’S MARATHON est le nom de son projet. Pour le réaliser, il aurait pu ouvrir le grand bottin des musiciens progressifs et demander des collaborations qui lui aurait sûrement été acquises. Il a plutôt choisi de recruter des musiciens peu ou pas connus à une exception près. OLIVER SMITH est le chanteur du groupe avec une voix qui me fait penser un peu à un mix de PAUL CARRACK et JOHN MITCHELL assaisonné d’une petite touche de GABRIEL. JOHN CORDY est un guitariste qui a réalisé plusieurs albums éclectiques sous son nom mais qui a demandé à MARK KELLY comment il avait su qui il était. Un bel exemple d’humilité après huit albums. Le deuxième guitariste est PETER WOOD qui a un album à son nom et a participé, notamment, à des projets avec GAVIN HARRISON et CRAIG BLUNDELL. Le batteur est un plus connu puisqu’il s’agit d’HENRY RODGERS qui a joué avec FINAL CONFLICT, DEEEXPUS, TOUCHSTONE, EDISON’S CHILDREN et même MOSTLY AUTUMN sur leur plus récent.

À vingt-trois ans, CONAL KELLY est le plus jeune du groupe. Mine de rien, il joue de la basse depuis l’âge de treize ans et MARK, son oncle, est aussi un mentor. L’autre membre nommé sur le site Internet est GUY VICKERS, qui écrit les paroles. Celles-ci sont importantes n’en doutez pas car, dans la même entrevue citée plus haut, on lui demande si son album solo sera instrumental ou vocal, MARK réponds alors qu’il sera beaucoup axé sur la voix.

Le projet peut s’appeler MARATHON mais il n’empêche que le départ est plutôt celui d’un sprint. En effet, « Amelia » est un morceau formidable et je l’avoue, mon préféré. Il raconte l’histoire d’Amelia Earhart, disparue dans le Pacifique, le 2 juillet 1937, alors qu'elle tentait, avec son navigateur Fred Noonan, de faire le tour du monde en passant par l'équateur. Après une intro en douceur, la voix de SMITH narre l’incroyable saga de cette aviatrice et pionnière sur un tempo plein d’atmosphère. Le beau jeu de piano de KELLY accompagne cette première section qui s’envole littéralement grâce à un superbe solo de guitare de M. CORDY. Puis, comme si on se retrouvait sur une plage isolée d’une ile lointaine, le piano et la voix nous font vivre le questionnement des personnages. Ensuite, inexorablement la musique devient salvatrice. Le rythme s’accélère, tous les instruments s’en mêlent. Et SMITH chante Amélia alors que s’installe le synthétiseur de KELLY qui nous gratifie de ses meilleures lignes de l’instrument. Mais mieux encore, nous avons droit à un solo de guitare supplémentaire pour conclure cette enthousiasmante pièce.

Nous revenons sur terre pour la ballade « When I fell ». Un solo d’orgue d’une minute et une fin un peu mystérieuse donne un petit plus à une classique histoire d’amour perdu. « This time » est une chanson pop dont l’appréciation variera selon l’auditeur. Passons à « Puppets » qui pourrait devenir la favorite de plusieurs amateurs. C’est sur ce morceau qu’intervient le seul invité de l’album, soit M. STEVE ROTHERY et le son si caractéristique de sa guitare. Ce morceau au tempo lent et aux guitares savoureuses parle de l’éternelle dualité du bien et du mal, de l’humain et de ses choix. Les interventions de MARK KELLY au piano sont à remarquer. « Twenty fifty one » est à la fois le dernier et le plus long morceau de l’album. Cette suite divisée en quatre sections porte sur les recherches, les espoirs et les attentes des humains face à la vie extraterrestre mais aussi sur les risques que nous pouvons représenter pour toutes les formes de vie, y compris nous. Le son reste franchement campé dans le registre néo-prog et malgré la durée de la pièce on ne retrouve aucun long solo. Le jeu de basse de KELLY est notable dans cette pièce ainsi que la voix de SMITH, fort présente après « Search » qui sert d’introduction, qui navigue aisément entre les notes graves et les notes aigues. Les quelques lignes de synthétiseur au deux-tiers de la pièce sont fort jolies mais limitées. Il en va de même de quelques belles interventions à la guitare.

Je ne cacherai pas que j’espérais voir une plus grande présence de MARK KELLY en tant que soliste. Ce qui aurait été fort possible, et sûrement plaisant, compte tenu de son talent, étant donné la relative courte durée de l’album. Il a plutôt choisi de favoriser les chansons et le son du groupe. Vous aurez donc entre les oreilles un fort agréable album mais sans réelles surprises. Nul doute que les amateurs de MARILLION et de néo-prog passeront un bon moment.

    1- Amelia (11:16)
    i) Shoreline
    ii) Whistling at the Sea
    iii) 13 Bones
    2- When I Fell (6:12)
    3- This Time (3:50)
    4- Puppets (7:14)
    5- Twenty Fifty One (15:26)
    i) Search
    ii) Arrival
    iii) Trail of Tears
    iv) Brief History

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Mark Kelly – Keyboards
Oliver Smith – Vocals, percussion
Pete Wood – Guitar
John Cordy – Guitar
Henry Rogers – Drums
Conal Kelly – Bass

Special guest
Steve Rothery – Guitar (4)