CHRONIQUE / REVIEW

Magenta

Masters of Illusion

Releases information

Release date:

July 1, 2020

Format:

CD, Digital, Vinyl

Label:

From:

Tiger Moth Records

Royaume-Uni / UK

Serge Marcoux - August 2020

9,4

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

À divers degrés et de nombreuses façons, les films d’horreur exercent une fascination pour la majorité des personnes. Quelle chance pour nous qu’une d’entre elles soit le talentueux leader de MAGENTA, ROBERT REED. Qui plus est, ce sont les films des maisons de production Hammer et Universal qui exercent le plus d’attraits non seulement chez lui mais aussi pour son frère, la parolier STEVE REED. Cet amour des classiques d’une certaine époque de l’horreur s’est transformé en thème pour le nouvel album du groupe « Masters of illusion ». La solution facile aurait été de se consacrer aux monstres eux-mêmes ou aux personnages qui ont marqué ces époques du cinéma d’horreur. Mais la facilité est bien rarement prog ! Aussi, nos compères ont choisi un scénario différent. Les pièces se veulent un point de vue sur la vie, ou un moment de la carrière, des acteurs qui ont incarné ceux et celles qui nous ont effrayé et fasciné. Cet angle intéressant est appuyé par un choix musical qui favorise le retour en force des solos de Moog et de guitares, de l’utilisation du mellotron, de la guitare douze cordes et de la pédale basse, entre autres. ROBERT REED souligne que l’album précédent, « We are legend » avait un côté plus contemporain, voire un peu plus costaud. Il y avait donc ce désir de revenir à la base musicale et historique de MAGENTA. Celle qui flirte ouvertement avec le rock progressif des années 70, avec les mélodies fortes qui flattent ouvertement nos cordes sensibles progressives. Vous comprendrez donc que le nouveau MAGENTA lorgne du côté des premiers albums avec une touche de maturité musicale portée par vingt ans d’existence et une formation stable depuis 2017. En plus de M. REED, claviériste, compositeur et fondateur, nous retrouvons le merveilleux chant de CHRISTINA BOOTH, aussi fondatrice, le jeu de guitare magique de CHRIS FRY, membre régulier depuis 2007, et les deux petits nouveaux, DAN NELSON à la basse et JIFFY GRIFFITHS à la batterie. Ils ont joint le groupe en 2017. « Masters of illusion » est donc offert avec un thème fort, des acteurs hautement qualifiés mais aussi des figurants talentueux. Ainsi JOHN MITCHELL (LONELY ROBOT, ARENA, FROST, etc.), PETE JONES (TIGER MOTH TALES, CAMEL) et TROY DONOCKLEY (NIGHTWISH, IONA, etc.) apportent leur concours à trois des six morceaux du nouvel opus de MAGENTA.

La première séquence de « Masters of illusion » débute avec « Bela ». BELA LUGOSI, né en Roumanie, a été le premier à incarner le fameux comte Dracula, tant sur Broadway que pour la première fois au grand écran en 1931. Son ascension a été fulgurante. Cependant, des ennuis de santé l’ont conduit à une dépendance à la morphine et, au fil de sa carrière, on ne lui proposa que des rôles dans les films d’horreur, à son grand regret. Le morceau qui débute, comme il se doit, par une orchestration cinématographique transpose de magnifique façon ce destin avec ses hauts et ses bas. Lorsque le groupe explose après un peu plus d’une minute, nous sentons, puis nous savons que l’heure qui vient sera mémorable. Après un peu plus de neuf minutes, lorsque la musique passe d’excellente à enivrante et géniale lors d’une poussée irrésistible, on sait également que le thème du septième art à la MAGENTA nous transporte maintenant au septième ciel. L’amère fin de carrière de LUGOSI est interprétée avec beaucoup de douceur et d’émotion par CHRISTINA BOOTH pour clore la pièce. « A gift from god » est un traveling dans le temps vers CHRISTOPHER LEE. C’est aussi Dracula qui a révélé ses talents d’acteur et ce, en 1958 via une série de films sur le fameux comte. Son destin fut différent puisqu’il a joué dans plus de 200 films y compris en tant que Sherlock Holmes, comme ennemi de James Bond ou incarnant le sorcier Saroumane dans la trilogie le Hobbit. Ce morceau majoritairement calme, beau et touchant relate le fait que LEE espérait faire une carrière musicale. Le travail à la guitare de CHRIS FRY est à noter, tant au niveau acoustique dans les cinq premières minutes que son solo électrique bien senti dans la deuxième portion. Les amateurs de synthétiseur seront bien servis par les doigts habiles de ROBERT REED qui montre aussi son talent tant par les orchestrations que par le son de hautbois ou de harpe qui accompagne les moments calmes. La présence de JOHN MITCHELL est plutôt discrète puisqu’il se cantonne au rôle de choriste. Un très beau morceau qui s’insère dans le répertoire du groupe un peu comme « Turn of the century » l’a fait dans celui de YES. Puis nous passons à un gros plan sur LON CHANEY JR. « Reach for the moon » narre la difficulté de vivre dans l’ombre d’un père célèbre surnommé l’homme aux mille visages du cinéma muet américain. Certes, le fils a réussi à faire sa marque, notamment en incarnant le célèbre loup-garou de Universal et de nombreux autres rôles de monstres mais c’est beaucoup plus son physique que sa capacité de jouer qui a déterminé le cours de sa carrière. Ce morceau à saveur symphonique et hautement mélodique offre une performance impeccable du quintet ainsi que l’intervention très à propos de PETE JONES au saxophone. Ici encore, Dame BOOTH fait preuve d’une fine sensibilité pour chanter le mal de vivre, « It was cold in your shadow every day » et l’alcoolisme dans lequel il a sombré.

Avec « Snow », l’horreur est conjuguée avec la tragédie. En effet, à l’âge de cinq ans, l’actrice INGRID PITT est emprisonnée avec sa famille dans un camp de concentration. Ce sont les rôles tenus dans les productions Hammer des années soixante-dix qui lui ont conféré le statut d’actrice culte des films fantastiques. Le morceau évoque le douloureux passé de sa tendre enfance mais avec un regard vers la profession qu’elle a toujours souhaité et finalement réussi à exercer. Le piano presque guilleret qui caractérise le début de la pièce crée un intéressant contraste avec les paroles. Quoique le morceau soit le plus court avec ses six minutes, nous avons droit à divers changements que ce soit dans le rythme ou dans l’atmosphère. Un tantinet jazzy ici, un peu TORI AMOS là, quelques instants d’une ballade atmosphérique, un refrain accrocheur capable de nous faire fredonner avec une chanteuse au sommet de son art et nous pouvons dire que cette quatrième séquence est réussie. Avec « The rose », nous apprenons à connaître certains aspects de la vie de PETER CUSHING, à savoir sa passion pour les roses, son épouse décédée en 1971 et les regrets de l’avoir perdue ainsi que ses … infidélités. Lorsqu’on évoque les influences des années soixante-dix sur le son de MAGENTA, le nom de YES revient souvent. Ce n’est pas un défaut, notez bien. Dans le cas de ce morceau, les noms de GENESIS et de CAMEL peuvent également venir aux oreilles. Le travail pianistique de REED est à souligner, la présence de la guitare douze cordes contribue aux références mentionnées. Les échanges entre le saxophone et le synthétiseur ajoutent à la richesse du morceau qui s’inscrit tout à fait dans le désir de ROBERT REED de revenir aux sources progressives du groupe. Chaque musicien tire son épingle du jeu, que ce soit une jolie ligne de basse ici, le travail varié de la batterie tout au long du morceau ou l’intervention divine de TROY DONOCKLEY à la cornemuse irlandaise pour conclure un grand morceau.

C’est avec un regard musical et lyrique sur la relation conflictuelle de VINCENT PRICE avec le réalisateur MICHAEL REEVES lors du tournage du film Le grand inquisiteur que se termine « Masters of illusion ». Il s’agit d’une des meilleures performances d’acteur de ce grand personnage du cinéma et d’un des films favoris des frères REED. L’inquisiteur en question, MATTHEW HOPKINS, avait d’ailleurs été évoqué dans la pièce « White witch » du premier album. Pour cette pièce épique, une des meilleures de MAGENTA, le groupe ne ménage aucuns efforts. ROBERT REED utilise son arsenal de claviers et démontre l’étendue de ses talents. Je pense notamment à son travail à l’orgue et aux synthétiseurs. CHRIS FRY est littéralement en feu. J’oserais même dire qu’il crève l’écran, selon l’expression consacrée. La relation entre les deux musiciens n’est rien de moins qu’organique. Cela fait près de vingt qu’ils échangent des notes et ça s’entend. La combinaison de leurs talents et de leurs sonorités est irrésistible et follement jouissive. La section rythmique accomplit un bouleau de premier ordre qui mérite d’être souligné. La voix de CHRISTINA BOOTH continue de me séduire, album après album. Cette formidable chanteuse qui performe pieds nus sur scène possède un registre naturel qui lui permet d’aller du grave vers l’aigu mais surtout qui est capable de transposer les émotions des stars de l’album et nous les faire ressentir. Je suis persuadé que l’actrice et les cinq acteurs de ce « Masters of illusion » décerneraient l’Oscar de la meilleure musique de films à MAGENTA pour leur contribution au script de notre vie musicale 2020. Alors, chers membres du jury musical de ProfilProg, ne manquez pas de zoomer sur cette musique. Ce serait trop effrayant de passer à côté des maitres de l’horreur et de leur hommage musical.

    1. Bela (11:16)
    2. A Gift from God (8:28)
    3. Reach for the Moon (9:24)
    4. Snow (6:05)
    5. The Rose (11:24)
    6. Masters of Illusion (16:39)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Christina Booth: Lead vocals
Robert Reed: Keyboards, mandolin, acoustic, electric, and classical guitars, backing vocals
Chris Fry: Lead guitar
Dan Nelson: Bass
Jiffy Griffiths: Drums

Guests:
John Mitchell: Vocals on “A Gift from God”
Peter Jones: Sax on “Reach for The Moon” and “The Rose”
Troy Donockley: Uilleann Pipes on “The Rose”

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