CHRONIQUE / REVIEW

Il Paradiso Degli Orchi

Samir

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Releases information

Release date:

December 4, 2020

Format:

CD, Digital

Label:

From:

AMS Records

Italie / Italy

Mario Champagne - March 2021

9,3

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Il faut reconnaitre cela aux groupes de rock progressif italien, leurs noms de groupe sonnent toujours « super classe ». Produisant une musique de type « rock in opposition », « Le Paradis des Orcs » présentait en décembre dernier ce nouvel album, qui fait suite à « Il Corponauto » de 2016 et l’album éponyme de 2010. Un album hommage, selon les dires de ses membres, à une amitié spontanée issue d’une rencontre inusitée avec un coursier très bavard d’origine libanaise dans un pub malfamé de la banlieue de Montréal où une ribambelle de loubards sous l'emprise des acides, des proxénètes, des vendeurs de drogue, des alcoolos accrocs de jeux constituaient la populace d’une soirée où une étincelle aurait pu faire tout dégénérer. Mais Samir, un amical gentleman, sauve la soirée par ses discours fleuves sérieux et ses tergiversations iconoclastes sur tout et sur rien, les drones, les révolutions, la musique napolitaine et les cigarettes aux effets spéciaux. Forte personnalité et personnage mémorable, semble-t-il, puisqu’il obtint la promesse d’un album à son nom. Rien de moins pour sceller cette nouvelle amitié.

Ce nouvel album résulte d'un travail collectif, auquel les six musiciens du groupe ont participé, donnant cinq titres pour une quarantaine de minutes de musique très puissante par rapport aux disques précédents, avec des moments épiques et symphoniques alternant avec des idées incongrues et des arrangements fourre-tout faits avec une attitude anarchique un peu punk qui rappelle souvent Frank Zappa, mais hybridé, selon moi, avec du DREAM THEATER et du Jethro TULL, donnant un style que je qualifierais de « jazz space heavy rock psychédélique » et parfois de notes orientales pour saluer les origines de Samir.

Dans les titres, des assemblages improbables de plusieurs styles, où la musique devient un accessoire pour le message, d’où cette liberté dans les styles. Il faut leur reconnaitre cette force, les musiciens de ce groupe savent planter le décor en créant des atmosphères qui parlent d’elles-mêmes. Les titres de « Samir » frappent directement par leur puissance, leur étrangeté, amenant l’auditeur sur des pistes improbables pour se retrouver ailleurs, pendant que les musiciens se retournent sur un 10 cents, pour rendre une nouvelle voie, et rendre subitement une séquence complétement tordue ou passionnée. Les cinq titres présentés se valent autant l’un autant que l’autre par leurs lots de surprises, en moments grisants, et en idées folles.

« Introinduzione » brille au début par les performances agiles du bassiste et flutiste, alors que ce titre se déroule dans une intro chaotique où règne une certaine forme de majestuosité exponentielle, avec ces voix dans les haut-parleurs, qui dans leurs apparitions publicitaires intempestives nous rappellent avec qui nous sommes. Une atmosphère « zappaesque », plus jazz rock tranquille scinde ce titre entre les excellents riffs de guitare qui rendent ce titre épique.

Sur « Slowgun », ce sont les notes de xylophone qui se font le plus remarquer, en contraste avec cet hard rock lourdement assené et sa suite de déclamations rapides, sur fond de rythmes hypnotiques, de changements drastiques de direction, passant du plus lourd au plus éthéré. Un titre étrange et jouissif, avec une finale emballante qui enchaine directement sur « Samir » qui s’ouvre sur une ambiance inquiétante, plus « space », sertie de musique orientale, à la progression lente, tout en crescendo, où la flute contrôle encore tout le spectacle. Une pièce bien rythmée qui prend progressivement un style « heavy » métal symphonique lourd dans le style DREAM THEATER, avec la flute aérienne de Ian ANDERSON. Le chant est tout simplement superbe, comme si un chanteur d’opéra racontait une histoire. Finalement, la troupe a créé une ambiance royale pour le Prince Samir.

« Mente » est probablement le titre le plus expérimental et difficile à aborder, avec son « jazz space rock », aux influences spatiales d’«Hawkwind», rythmé au tam-tam, prenant des allures déchainées bien entrainantes, et passant par une atmosphère de rêve confus, à coup de pulsations de flûtes, de cordes aléatoires, de descentes et de remontées de gammes de percussion et de vagues d’ondes vibrantes de synthés. Une note de piano, des percussions en échos, en une fraction de seconde, on quitte le monde des rêves pour que se relance la machine « jazz space heavy rock psychédélique ».

Pour conclure, « Ali di Gabbiano » où la douceur du piano mélancolique, associée au rythme d’un chant plus dans le style populaire, avec des synthés très grinçants, donne un titre qui détonne du reste de l’album, car plus construit sur la normale d’une chanson, sans trop de changement de rythme, mais d’où émanent certaines formes d’alerte et d’urgence. On y retrouve même un plaisant passage de rock classique à la guitare, des percussions en échos, et cette merveilleuse flûte, toute en sensibilité qui en duo avec le piano, donne un moment de grâce à saisir. Le titre le plus accessible de cet album car le plus ordonné.

Les membres d’Il Paradiso degli Orchi ont cette capacité d’installer dans leurs titres des sonorités marquantes qui accentuent l’impact de ces moments, imposant ainsi une patte résolument moderne et atypique. Les parties vocales sont toutes excellentes, que ce soit le chant, les chœurs et autres bruits de bouches. Très bonne production pour une œuvre innovatrice forte qui sort des sentiers battus et compliquant les tentatives de classification du genre. Concentrez-vous sur la basse et la flûte, il y a du travail là-dedans, c’est fou. Pour cet éclectisme et cette folie créatrice, je ne puis qu’adhérer. Titres préférés : « Samir » et « Ali di Gabbiano » Bonne écoute !

    1. Introinduzione (5:53)
    2. Slowgun (4:32)
    3. Samir (10:20)
    4. Mente (11:21)
    5. Ali di Gabbiano (7:49)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Michele SAMBRICI- Guitars & Synth
Marco DEGIACOMI - Drums & Vocals
Andrea CORTI- Bass
Stefano CORTI - Percussions
Sven JORGENSEN - Vocals
Andrea CALZONI - Flute