CHRONIQUE / REVIEW

Homunculus Res

Andiamo in Giro Di Notte e Ci Consumiamo Nel Fuoco

Releases information

Release date:

July 23, 2020

Format:

CD, Digital

Label:

From:

AMS Records

Italie / Italy

Serge Marcoux - October 2020

8,6

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Il faut savoir faire l’éloge de la différence. Il faut pouvoir l’accepter. Tous s’entendent pour souligner la différence du rock progressif dans le monde de la musique, les amateurs et … les autres. Mais l’univers prog est lui-même découpé en une multitude de différences ; symphonique, krautrock, métal progressif, RIO et Canterbury pour ne donner que ces quelques exemples. Si vous ajoutez la langue comme caractéristique, on peut se retrouver assez éloigné des standards populaires. Je connais beaucoup de fans finis de musique prog qui ne peuvent surmonter la différence linguistique et qui se privent ainsi de l’excellence de la différence chantée en italien. Cependant différence a beau rimé avec excellence, ça ne suffit pas et ça ne prouve rien. Une Lada Riva était fort différente à son arrivée sur le marché nord-américain mais elle ne faisait pas le bonheur de ses propriétaires et ne représentait pas l’excellence. Mais soyez assurés que si vous choisissez d’écouter du Canterbury chanté en italien comme le fait si bien Homunculus Res, vous entendrez le son de la différence et c’est excellent.

Ce groupe italien, originaire de la Sicile pour être exact, offre son quatrième album aux amateurs de musique avec « Andiamo in giro di note e ci consumiamo nel fuoco » ou si vous le préférez, on se promène la nuit et on se consume dans le feu. Fondé en 2013, trois membres du groupe sont présents depuis le début, soit DARIO D'ALESSANDRO, chant, composition et multi-instrumentiste, DAVIDE DI GIOVANNI, clavier et guitare rythmique, son frère, DANIELE DI GIOVANNI, batterie. À la guitare, MAURO TURDO, est passé d’invité sur le premier album de 2013 à membre régulier sur le suivant qui date de 2015. Le bassiste, DANIEL CRISCI, est aussi devenu membre du groupe en 2015 sur « Come Si Diventa Ciò Che Si Era ». Afin de bien étoffer leurs propos musicaux et d’alimenter la différence, les membres du groupe font une large place aux musiciens invités, six sur le numéro un puis onze, seize et dix sur l’album dont il est question dans ces lignes. La variété musicale ainsi apportée est indéniable. Constatez par vous-même, saxophone, banjo, vibraphone, guitare, cor français, hautbois, flute, clarinette, chant, basses, piano électrique, alto et basson. Les influences avouées par les musiciens sont multiples et variées, DEEP PURPLE, BEACH BOYS et BEATLES côtoient TOOL, LE ORME, GENESIS et KING CRIMSON. Cependant, les trois membres originaux mentionnent aussi SOFT MACHINE, PICCHIO DAL PAZZO, HENRY COW, AREA et CARAVAN des univers Canterbury et rock in opposition (RIO). Ces derniers sont des musiciens et des groupes estimés mais qui cultivent ou ont cultivé la différence. Et c’est de ce côté qu’évolue le son du groupe. Ce melting pot d’influences et de musiciens offre à vos oreilles dix morceaux qui vont de trois minutes et demie à un peu moins de sept minutes. Le ton est plutôt enjoué et, en plus de l’évidente influence Canterbury, on flirte un peu avec le RIO et une pop un peu psychédélique que les amateurs de KEVIN AYERS ou SYD BARRETT peuvent connaître.

La discographie d'HOMUNCULUS RES possède une forte résonance symbolique, philosophique et psychologique. Le premier album était consacré à la combinaison terre / mort. Le second à l'eau / maladie. Le troisième à l'air / rêve. Celui-ci est lié au feu et au consumérisme. Pour ce faire, le groupe parle de la naissance, de la croissance, du développement, des vices et des peurs de l'homonculus, une parodie de l'homme. Sur les milliers de groupe de rock progressif qui ont évolué dans l’univers du rock progressif, on recense une centaine qui œuvre ou a œuvré dans le style Canterbury. Si on traduit ce style en italien, une seule main risque de vous suffire ! Ce style implique des influences de jazz, voire de jazz-fusion que l’on retrouve de façon plus ou moins importantes dans la plupart des morceaux. Ainsi on le constate dès le premier morceau, « Lucciole per lanterne », avec le break instrumental au milieu de pièce et son saxophone. Le son de l’orgue lorgne un brin vers SOFT MACHINE ou CARAVAN tout comme sur « Tretaktys » pour ne donner quelques exemples. Chaque pièce est susceptible de vous offrir sa propre différence même si elle est souvent fort subtile. Cependant, sur « Supermercato », la différence saute aux oreilles. Un premier segment joyeux au rythme rapide, presque bondissant, cède la place à une deuxième partie plus pastorale avec de beaux arrangements de corde. Le plus long morceau, « Buco nero », donne aussi de nombreuses occasions de se réjouir et de constater l’aspect hétérogène de l’album. Vous entendrez une guitare jazzée, une voix mélodieuse, des lignes de synthétiseur astucieuses. Vous additionnez banjo, vibraphone et quelques trouvailles rythmiques pour en faire une réussite. Ailleurs, une courte pièce comme « In girum » ne peut que plaire car d’essence très progressive et avec un travail remarquable de M. Di GIOVANNI à l’orgue et la basse un peu funky d’un invité, DANILO MANCINO. Un autre exemple est « La luccicanza » qui débute avec une musique qui peut évoquer une fête foraine sur laquelle le chant de DARIO D’ALLESSANDRO se place. Le rythme s’accélère puis ralentit pour permettre un beau passage de flute qui cède sa place à un solo de guitare. Le tout se termine avec la voix et la basse et c’est fort joli cette fin. Cette voix a d’ailleurs un peu de ROBERT WYATT dans ses tonalités. Si la mouvance Canterbury titille vos plaisirs musicaux et si vous voulez écouter différemment votre prog, alors prenez une cinquantaine de minutes pour explorer l’univers d’HOMUNUCULUS RES. Les chances sont bonnes qu’à votre tour, vous fassiez l’éloge de la différence.

    1. Lucciole per lanterne (4:54)
    2. Il Carrozzone (3:42)
    3. Buco nero (6:43)
    4. Supermercato (6:20)
    5. La Spia (4:35)
    6. La Salamandra (6:25)
    7. In girum (3:37)
    8. La Luccicanza (4:27)
    9. Tetraktys (3:32)
    10. Non dire no (3:44)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

- Dario D'Alessandro / Vocals (1-4,6-10), rhythm guitar (1-4,8,9), keyboards (1-6,8-10), glockenspiel (2,5)
- Davide Di Giovanni / Piano, organ, synthesizer, guitar (7)
- Mauro Turdo / Solo guitar (1-6,8-10)
- Daniele Di Giovanni / Drums
- Daniele Crisci / Bass (1-6,8,10)

With:
- Giorgio Trombino / Alto saxophone (1,2)
- Petter Herbertsson / Banjo, guitars, vibraphone, double bass (3)
- Giuseppe Turdo / Oboe & French horn (4)
- Antonio Tralongo / Viola (4)
- Emanuele Sterbini / Vocals & guitar (5)
- Dominique D'Avanzo / Vocals, flute, clarinet (5)
- Danilo Mancino / Bass (7)
- Dario Lo Cicero / Transverse flute, bass flute & bassoon (8,10)
- Patrick Dufour / Electric piano (9)
- James Strain / Bass (9)

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